Il existe des jeux inoffensifs...et d'autres pas!
Le 28 avril 2011,
A l’initiative de la FCPE et
en collaboration avec les enseignants de Moreau et
en partenariat avec l’association SOS Benjamin (agréée par l'éducation nationale), nous vous invitions à une conférence débat sur le thème:
Les jeux dangereux
en milieu scolaire et extrascolaire
Jeu du foulard, jeu de la tomate, happy slapping …
Vous avez déjà entendu ces noms, mais en connaissez-vous les dangers et les conséquences ?
QUELS SONT CES JEUX?
Il existe deux grandes catégories de jeux dangereux,
présents dans tous les lieux de vie des enfants (Les jeux dangereux sont observés aussi bien à l'école qu'à la maison), préadolescents et
adolescents :
- Les jeux d’asphyxie ou non-oxygénation, par pendaison ou
strangulation (jeu dit « du foulard », de la tomate, du sternum, de
l’aérosol…). Ces jeux consistent à freiner l’irrigation sanguine du
cerveau en comprimant une artère qui conduit le sang à la tête.
- Les
jeux d’attaque ou d’agression (jeu du bouc émissaire, de la mêlée, du
pouilleux massacreur, de la canette, du taureau…). Il s’agit d’une
violence physique gratuite menée par un groupe envers un enfant seul ou
plusieurs enfants, membres ou non du groupe, consentants ou non.
A l'école élémentaire Louis Moreau, certains jeux sont pratiqués à l'insu du personnel encadrant: jeu du petit pont massacreur, par exemple.
CONSEQUENCES
Jeux d'asphyxie ou de non-oxygénation:
La pression exercée sur la carotide, par le jeune ou par un copain,
provoque une diminution brutale de l’oxygénation du cerveau. Les
conséquences immédiates recherchées sont des sensations de type
hallucinatoire. Mais elles peuvent être suivies de spasmes, de
convulsions, voire d’une perte de connaissance.
Si les jeunes
cherchent à retrouver ces sensations hors de la présence de copains en
utilisant un lien pour comprimer la carotide, le décès est très
probable, l’hypoxie cérébrale étant suffisante pour perdre connaissance
: en l’absence de témoin susceptible de ranimer le jeune, la situation
devient irréversible en 3 minutes.
Ces décès ne doivent pas être
confondus avec un suicide, malgré les apparences.
En outre, même
lorsque le jeu est pratiqué en présence de témoins et qu’il n’y a pas
perte de connaissance, la privation d’oxygène n’est jamais anodine :
les cellules qui ont été privées d’oxygène ont souffert et des
séquelles cérébrales peuvent être observées : troubles visuels,
troubles de la communication, perte de mémoire, incapacité à faire des
gestes quotidiens comme manger, marcher, aller aux toilettes, etc.
Jeux d'attaque;
Pour la victime, même consentante, les coups reçus peuvent générer de
graves traumatismes voire la mort immédiate ou plusieurs jours après
l’événement, qu’elle soit liée aux sévices subis ou au stress qu’ils
ont généré.
Lorsque la victime a été prise au hasard à l’extérieur du
groupe, le « jeu » vise également à dégrader l’image de la personne et
génère des conséquences psychologiques importantes.
En France, un million de jeunes de 7 à 17 ans pratiquent ces jeux
En
2007, la Fondation de France a financé pour l’association SOS Benjamin
une étude TNS SOFRES sur l’impact des jeux dangereux dans la société
française.
Les résultats, publiés le 21 septembre 2007 à la Mairie
de Paris pour l’association, sont alarmants :
Ces jeux dangereux se
multiplient. Ils portent au moins 90 noms différents, qui vont du « jeu
du foulard » au « happy slapping ». 84 % des enfants interrogés sont en
mesure de citer au moins l’un de ces noms et 13 % des enfants disant
connaître ces jeux les considèrent sans danger. 1 enfant sur 4
reconnaît qu’on lui a déjà proposé de jouer à un de ces jeux : plus de
2 millions d’enfants ont donc été sollicités.
12 % des enfants
admettent y avoir participé, surtout pour faire comme les copains :
près d’un million d’enfants de 7 à 17 ans ont déjà participé à des jeux
dangereux. Le phénomène commence aussi à toucher les enfants de
maternelle.
Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique,
d’autant que les parents sous-estiment le risque : seuls 4 % pensent
que leur enfant a déjà participé à un tel jeu et près de la moitié des
enfants n’ont jamais parlé de ces activités à un adulte, dont 9 % par
peur d’inquiéter ou de faire de la peine…
Lors de cette étude, seule
la population française a été étudiée mais des phénomènes similaires
ont été relevés dans les autres pays européens, aux Etats-Unis et au
Canada.
SIGNES D'ALERTE
La connaissance des signes d’alerte est une information importante à donner aux adultes.
Signes physiques et psychologiques:
- Traces rouges autour du cou, ou sur le coté du cou
- Joues rouges, rougeurs dans les yeux (hémorragies intraoculaires)
- Violents maux de tete à répétition.
- Troubles visuels passagers (mouches volantes, vision floue...).
- Bourdonnements d’oreilles, sifflements.
- Fatigue.
- Défaut de concentration, oublis, absences brèves de la conscience, défaut de la mémoire récente.
Signes comportementaux
3 Découverte d’un foulard, d’une écharpe, d’une corde, d’une ceinture, d’un lien quelconque, que l’enfant garde et veut garder sur lui en permanence, ou qui traine sans raison auprès de lui.
3 Agressivité soudaine, violence verbale et/ou physique.
3 Isolement, repli sur soi.
3 Questions posées par l’enfant sur les effets, les sensations et les risques de la strangulation.
QUE FAIRE?
L’association SOS Benjamin peut vous aider. Elle a pour objectif de
développer par tous les moyens la lutte contre ces jeux dangereux qui
touchent enfants et adolescents.
L’association propose
principalement des actions de prévention pour alerter et informer sans
psychose et sans mode d’emploi sur la pratique des jeux dangereux :
- Mise à disposition d’un site Internet
pour informer les familles afin de démasquer ces conduites à risques et
d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Ce site a recu la
certification Hon code / Haute Autorité de Santé (HAS).
L’association
apporte également un soutien aux victimes en permettant aux parents
éprouvés par le décès de leur enfant ou de graves traumatismes générés
par la pratique de ces jeux de trouver un lieu de dialogue et d’échange
pour briser le mur du silence qui les enferme trop souvent.